Le Maroc doit donner un contenu au « statut avancé» qu’il souhaite instaurer avec l’Europe.
A défaut de pouvoir être un pays membre de l’Union Européenne, le Maroc a pu arracher un «statut avancé» qui lui donne des droits un peu plus importants que ceux d’un simple Etat-associé. C’est un cap important pour un pays qui aspire à vivre un jour selon les standards de l’Europe. A la lumière du dossier que nous publions cette semaine à l’occasion de la tenue du Sommet de Grenade (6&7 mars 2010) entre le Maroc et l’UE (voir page 18), il ressort que le chemin vers ce statut avancé est bien difficile. Le rêve européen a un prix. Il est à la fois politique (amélioration de la gouvernance) et économique (ouverture totale des frontières). Or, au vu des déclarations des hauts responsables européens au Temps, il s’avère que l’administration marocaine est pour l’heure complètement perdue dans ce dossier. L’Europe attend que les pouvoirs publics marocains donnent à ce statut un contenu dans le cadre du «programme de convergence réglementaire», une sorte de feuille de route sur laquelle les deux parties pourraient s’engager durant les prochaines années. Pour l’instant, ce document n’a pas été élaboré par la partie marocaine. Résultat, le «statut avancé» est pour l’heure un vœu pieux, et à défaut, les deux parties continueront à fonctionner selon la logique de l’ancien accord d’association. Ce constat démontre malheureusement l’indigence intellectuelle et technique du haut personnel administratif marocain dans la gestion des dossiers complexes comme celui du voisinage avec l’UE. Dans les coulisses de l’UE, on reste d’ailleurs sceptique sur les résultats du Sommet de Grenade. Dommage...
Abdelkhalek Zyne